Extrait d’une lettre de Jean Ranson à Mlle Mariette Raboteau

Bord de l’Orion rade de Brest 11 août 1833

… On nous a lu ce matin un ordre du ministre au préfet pour nos examens, on y dit que le 15 septembre l’’examinateur sera à Brest et qu’il commencera le 16 septembre. De plus il dit qu’ensuite on donnera du congé de 20 jours à ceux dont les parents en auront adressé la demande au préfet, mais, dit-il, il est entendu que ceux qui profiteront de cette permission auront moins de chance d’embarquement que ceux qui resteront au port, « je vous prie de [leur] en faire l’observation ». Tu vois que d’après cela je pourrais aller vous voir après avoir passé mon examen, mais la restriction du ministre m’épouvante, et tout bien réfléchi, comme j’avais fait mon paquet et mes adieux pour cinq ans je crois qu’il vaut mieux que je reste à Brest pour profiter du premier bâtiment armé et me mettre de suite en mer. Ceci est livré aux réflexions de mon père ; voilà ce que je crois le plus avantageux, reste à savoir si l’expérience jugera autrement, et j’ai plus de confiance en mon père, j’attendrai pour me décider son bon plaisir. On dit au préfet d’envoyer la liste des ports auxquels les élèves demanderont à être attaché. Je crois que l’intention de mon père, comme la mienne, est que je m’attache à Rochefort ; c’est encore ce que je devrai savoir d’ici un mois pour pouvoir répondre à la demande qui me sera faite. Ce qui m’engage encore à m’embarquer de suite c’est qu’aussitôt lieutenant de frégate on a 6 où 8 mois de congé, ce qui est assez long ; tandis que maintenant 20 jours, dont 8 de diligence, cela est bien peu à rester avec vous. Encore trois semaines de réflexion. On nous donne au moins le temps de ne pas avoir à nous repentir de décision prise trop précipitamment.

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